Rafael Saladini
As-tu un surnom ?
Sardinha est le plus courant dans la communauté brésilienne de parapente. Mais la communauté internationale m’appelle Rafa ou Saladini.
Où habites-tu ?
Depuis que je suis devenu père, j’ai quitté Rio de Janeiro pour retourner dans mon village natal, Porto Real, un petit village à la campagne, au pied du Pico das Agulhas Negras, quatrième plus haut sommet du Brésil.
Que fais-tu dans la vie ?
Ma famille possède des entreprises dans différents secteurs, et je suis membre du conseil d’administration d’une société qui les gère. Je travaille aussi avec mon frère dans sa société de production cinématographique. J’ai réalisé deux films sur mes records du monde de parapente, Ciclos 1 (2009) et Ciclos 2 (2018), et j’en produis un troisième en ce moment. Mais mon projet préféré du moment est une ancienne ferme d’élevage en bordure d’un parc national que je suis en train de reboiser pour la transformer en réserve naturelle privée.
En quelle année et à quel âge as-tu commencé le parapente ?
Ma première tentative remonte à 1999, je n’avais que 16 ans. J’étais tellement irresponsable et téméraire. Après huit mois de pratique, j’ai explosé comme une tomate juste après le décollage du Pico do Gavião : je me suis fracturé le bassin en deux, le pied gauche et le poignet droit. J’étais tellement traumatisé que je ne suis revenu qu’en 2003. Mon retour a été tout aussi effrayant, car j’avais des pensées suicidaires inconsciemment persistantes. Mes débuts ont été tragiques. Les gens me regardaient depuis la plage de mon quartier à Rio et se disaient : « Mon Dieu, le voilà !»
Un membre de votre famille t'a-t-il initié au parapente ? Y a-t-il d’autres personnes dans ta famille qui pratiquent ce sport ?
Mon père m’a initié au deltaplane à l’âge de 14 ans. Nous volions tous les deux en tandem. Cependant, à 16 ans, mon cousin pratiquait déjà le parapente et m’a proposé de le rejoindre. Quelles sont vos autres passions ou activités favorites ?
Sports – Planeur, snowboard et kitesurf. J'ai aussi besoin de voyager et d'explorer de nouveaux horizons pour nourrir mon âme. Les forêts tropicales, la faune sauvage et les cascades d'eau glacée font partie intégrante de mon mode de vie.
Pourquoi le vol est-il important et que représente-t-il pour toi ?
Le parapente a été la meilleure école de la vie que je pouvais espérer. Je suis né dans une famille aisée, habituée aux raccourcis pour atteindre mes objectifs. Ma zone de confort était un gouffre qui aspirait tous les défis de ma vie. Le parapente a bouleversé mon monde prévisible. J'ai dû tout apprendre, de zéro, à gérer mes frustrations, mes échecs, mes peurs. Peu importe le matériel, on ne gagne que si on le mérite. En tant que sportif, le vol thermique est sans doute l'une des meilleures façons d'interagir avec les forces de notre planète. Lors de mes tentatives de records du monde, j'ai dû apprendre à voler du lever au coucher du soleil – une sensation de liberté absolue. Je me sens profondément connecté à cet organisme vivant extraordinaire qu'est la planète Terre et au rythme de son atmosphère tout au long de la journée. C'est un peu comme le yoga : cette connexion exige discipline, effort et curiosité.
Palmarès
- 4 records du monde
- 3 records du monde de distance en distance libre
- 2007 – 461 km
- 2016 – 564 km
- 2019 – 582 km
- Vainqueur de la Coupe du monde – Pico do Gavião 2017
- Champion du XContest PGOpen – 2008
- Triple champion du Brésil – 2017, 2018, 2019
- Victoire lors d'une manche de Superfinale et de 3 manches PWC
As-tu des objectifs, des rêves ou des projets pour les prochaines années que tu souhaiterais partager ?
- Objectifs : Parcourir 600 km en distance libre, terminer dans le top 5 de la prochaine Superfinale et du Championnat du monde.
- Rêves : Remporter une Superfinale et/ou un Championnat du monde.
- Projets : Voler au Texas, au Pakistan, en Inde et au Népal. Et surtout, devenir la meilleure version de moi-même afin de transmettre un maximum de connaissances à ma fille.












